Secteur de la location de voitures en Tunisie : Les défis et solutions de Habib Maâoui pour 2026
Le secteur tunisien de la location de voitures traverse une zone de fortes turbulences. Entre l'impact de la nouvelle loi sur les chèques, la montée en puissance du marché informel et la pression fiscale, Habib Maâoui, président de la Chambre nationale des loueurs de voitures, tire la sonnette d'alarme tout en proposant une feuille de route pour la modernisation de la profession.
Le défi des garanties financières : L'après-chèque
Depuis les réformes bancaires de 2025, l'interdiction d'utiliser le chèque comme caution a lourdement impacté l'activité. M. Maâoui souligne que cette rigidité réduit la durée des locations et, par extension, le chiffre d'affaires des agences.
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La solution : La Chambre prône une accélération de la digitalisation des cautions et négocie avec les assureurs (via la FTUSA) pour instaurer des contrats « zéro franchise », quitte à ajuster les primes d'assurance pour mieux couvrir les risques.
La lutte contre le marché clandestin : Un enjeu de sécurité nationale
Le constat est frappant : avec environ 62 000 véhicules informels contre 28 000 dans le circuit légal, le manque à gagner pour l'État tunisien avoisinerait les 200 millions de dinars par an. Au-delà des pertes fiscales, M. Maâoui pointe un risque sécuritaire majeur lié à l'absence de traçabilité.
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L’outil de riposte : Le déploiement imminent d'une application mobile développée avec les autorités pour identifier en temps réel les conducteurs et les véhicules. La Chambre demande également un durcissement des amendes, pouvant atteindre 3 000 dinars pour les contrevenants.
Vers un nouveau cadre réglementaire et fiscal
L'absence de statut juridique clair pénalise les loueurs, qui subissent une TVA de 19 % sans bénéficier des avantages réservés aux secteurs touristiques ou de services.
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Revendications majeures :
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Un classement officiel du métier pour accéder aux incitations fiscales.
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L’autorisation de louer des véhicules de plus de 9 places pour répondre aux besoins industriels et agricoles.
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L’assouplissement des règles de flotte minimale et l’extension de la durée d'exploitation des véhicules, tout en maintenant un contrôle technique rigoureux.
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Modernisation et transition écologique
La Chambre prépare le secteur aux exigences de demain, notamment par la transition vers les véhicules électriques et hybrides, très prisés par la clientèle internationale.
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Les obstacles : Le manque d'infrastructure de recharge et de techniciens spécialisés freine encore cet élan.
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Digitalisation : Le passage au contrat de location numérique est une priorité. Ce système permettrait non seulement de simplifier la gestion, mais aussi de protéger les propriétaires en cas d'utilisation illicite du véhicule par le client (saisies douanières abusives).
Un partenariat nécessaire avec le leasing et les concessionnaires
Avec des taux d'intérêt frôlant les 16 %, le renouvellement du parc devient un défi financier colossal. Habib Maâoui appelle à une relation plus collaborative avec les sociétés de leasing et les concessionnaires, suggérant des contrats de maintenance prépayés et des engagements de rachat (buy-back) pour stabiliser les marges des agences.
Conclusion : Pour Habib Maâoui, la pérennité de la location de voitures en Tunisie repose sur un contrat de confiance renouvelé avec l'État : plus de transparence et de digitalisation contre une protection accrue et un cadre fiscal enfin adapté à la réalité du terrain.